FRANCHIR LE CANAL DU MIDI, LES PONTS SUR LA GRANDE RETENUE

Conférence par Jean-Michel Sauget « Franchir le canal du midi, les ponts sur la Grande Retenue ».

 

Notre conférencier nous a captivés  sur l’histoire de ces ponts qui jalonnent la « Grande Retenue » entre Argens et Béziers et sur les relations entretenues pendant deux siècles et demi par Pierre-Paul Riquet, puis par son administration avec la Province de Languedoc, les diocèses et les communautés.

 

Le canal du Midi, un défi technique

Le canal du Midi, inauguré en mai 1681 par l’Intendant de Languedoc et par le président né des États de Languedoc, a représenté un défi technique majeur que Pierre Paul Riquet a relevé sans pouvoir en connaître le terme. La voie d’eau devait permettre de développer le commerce intérieur et apporter la prospérité aux campagnes traversées. Le canal, long de 240 kilomètres, représente une coupure physique majeure dans le paysage, coupant en deux le Languedoc.

Les ponts sur la Grande Retenue

La documentation abondante concernant les ponts construits sur la Grande Retenue, bief de près de 54 kilomètres entre Argens, dans l’Aude, et l’échelle d’écluses de Fonsérannes, en face de Béziers, a mis en évidence le retard important apporté au rétablissement des communications et le nombre limité d’ouvrages autorisés par l’administration royale : la Province finance les ponts sur les grands chemins, les diocèses s’occupent de ceux placés sur les chemins de traverse tandis que les communautés d’habitants sont chargées de ceux placés sur les chemins vicinaux. La plupart des ouvrages sont adjugés au moment de l’ouverture de la navigation. Les premiers ponts sont construits dans la tradition médiévale, avec un tablier au dos d’âne très prononcé et une arche étroite qui rétrécit fortement le lit du canal au point de gêner parfois la navigation. La fin du XVIIIe siècle marque une rupture architecturale profonde où les nouveaux ponts témoignent de la puissance de la Province qui rénove en profondeur son réseau routier. Par la suite, le vieillissement des ouvrages, aggravé par un défaut d’entretien chronique, va nécessiter de nombreuses reconstructions mais, par chance, il subsiste encore la moitié des premiers ponts édifiés sur le bief.

 

Textes de Jean-Michel Sauget conservateur en chef honoraire du Patrimoine

 

 

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